juin 12, 2014

Retour sur « Fruit de la Passion » – Chronique d’un accroc

Certains d’entre vous le savent déjà, notre dernière production, un court-métrage appelé « Fruit de la passion », est disponible sur YouTube depuis une semaine. Vous le trouverez ici. Ce court-métrage a été réalisé par nos soins dans le cadre de notre participation à la deuxième édition du « Grand Clap pour petits films », un concours de courts-métrages avec durée et thème imposés organisé par Le Prunier Sauvage, une association grenobloise. Pour rappel, nous avions déjà participé à la première édition avec le très brillant « Mal et Diction » en mars dernier.

Il me semble très important de revenir sur ce « Fruit de la Passion » dans un billet très personnel, presque viscéral.

Soyons francs. Nous savions, dès les premiers montages, que le rendu final du court-métrage serait très loin de ce que nous espérions. Nous ne nous leurrons pas : quand nous écrivons nos scripts, que ce soit pour un court-métrage ou un épisode de « Coop Mode« , nous sommes conscients que le résultat ne sera pas à la hauteur de l’idée que l’on s’en fait, de par nos moyens techniques limités quoique grandissants, ainsi que de par les différentes contraintes de temps qui s’imposent à nous. Cependant, nous avons toujours réussi jusqu’à maintenant à livrer un travail vidéo que nous jugeons plus qu’acceptable. Vous pouvez penser que c’est présomptueux, mais c’est un fait, nous sommes toujours fiers que ce que nous avons fait, même si le public n’a pas toujours été réceptif.

Pour « Fruit de la Passion », le travail a été compliqué, plus qu’à l’accoutumée en tout cas. Pour resituer le contexte qui a motivé sa réalisation, le thème imposé par Le Prunier Sauvage était donc « Fruit de la passion », tout simplement, avec une durée maximum autorisée de 3 minutes et 3 secondes. Le produit du travail devait être rendu le 26 mai dernier délai.

Précisons que pour la réalisation de ce court-métrage, pour la toute première fois dans l’histoire de GourganGeek, c’était moi, Flo, qui était en charge de la quasi-totalité du projet, de l’écriture du scenario à la réalisation. Le montage et l’ajout d’effets spéciaux, ainsi qu’un soutien en réalisation, travail de titan s’il en est, étaient dévolus à Chris, qui d’habitude fait à peu près tout. Tout cela pour dire que je prends donc l’entière responsabilité des échecs et couacs divers liés à « Fruit de la Passion », que je vais évoquer si après.

Alors oui, je considère « Fruit de la Passion » comme un échec, à à peu près tous les niveaux, en tant que créateur. La réalisation est limite, les plans filmés à l’arrache, le rythme trop lent par rapport au sujet et au tribute « Sucker Punch » que je voulais lui donner, le jeu d’acteur est, pour certains des comédiens, franchement en deçà de ce à quoi l’audience était en droit de s’attendre. Je reviendrai plus bas sur les conditions qui ont abouti à ce résultat, mais force est de constater que je n’ai simplement pas su gérer. Point barre. Le constat s’arrête en fait à cela. Pas assez ferme avec les comédiens et l’intégralité du staff, trop laxiste avec la contrainte de temps que je savais trop prédominante pour obtenir un résultat acceptable, découvrant pour la toute première fois ce que c’est que d’être « derrière la caméra », le défi était trop important pour que je livre le meilleur de moi-même.

Mais je prends l’entière responsabilité de l’échec créatif qu’est « Fruit de la Passion » pour une raison très simple. D’aucun pourrait décrier un côté « martyr » dans la démarche, et ils auraient tellement tort. J’en prends la responsabilité non pas vis-à-vis du public, mais vis-à-vis des comédiens d’un jour qui ont participé au projet et que vous voyez à l’image, et à Chris, mon comparse et leader de GourganGeek. Car oui, je suis parfaitement conscient que nos acteurs sur ce court-métrage sont mauvais, que leurs postures sont « mécaniques », voire prostrées, et pas du tout naturelles. Qu’ils n’arrivent pas à insuffler la dynamique épique que j’imaginais à l’écriture du script original (ce qui n’est pas le cas de TOUS les acteurs à mon humble avis malgré certains commentaires reçus). Que les plans s’enchaînent parfois difficilement, peinant à créer une fluidité nécessaire à ce genre de production.

Mais malgré la prise de responsabilité totale des impairs de ce court, il me semble néanmoins important, ne serait-ce que pour alléger ma conscience, de contextualiser les conditions et contraintes du tournage en lui-même.

Tout d’abord, il nous a été assez difficile de trouver une date de tournage permettant de réunir les 3 héroïnes principales. Chacune d’entre elle a une situation personnelle spécifique, leur empêchant d’être disponible à tout moment de la semaine et de l’année. Il est apparu en fin de compte qu’il n’était possible de les réunir qu’à une seule date, le 11 mai 2014, avec cette deadline du 26 mai sous-jacente pour le dépôt de la vidéo. Sans compter qu’apparemment, cela n’a effleuré l’esprit de presque quiconque, aux vues des commentaires (et des non-commentaires, qui sont bien plus explicites d’ailleurs…), qu’il a fallu une sacrée dose de courage et des bollocks en acier capables de faire pâlir n’importe quel troll insipide de YouTube à notre trio de belles-gosses pour réaliser leur performance. Aucune d’entre elle n’avait d’expérience de comédienne, et je leur ai fait enfiler des tenues plus que suggestives, en leur faisant endosser des rôles au préalable plus que difficile à jouer. Et pour ça, elles auront toutes les 3 ma reconnaissance et mon admiration éternelles.

En gros, nous n’avions qu’une seule date possible pour réaliser un projet ambitieux, soit une seule et unique journée. Je précise que le-dit projet embarquait près d’une vingtaine de personnes, entre réalisateurs, figurants, actrices, coiffeuses, maquilleuses, habilleuses… Bref, un beau merdier pour réunir et organiser tout ce petit monde, à partir de 9h00 du matin ce dimanche 11 mai.

Et le cafouillage a commencé dès les premières heures. Le maquillage et le coiffage a duré plusieurs heures, et l’un des maquillages n’a pas donné ce que nous espérions, demandant des retouches perpétuelles entre chaque plan pour limiter la casse. Tant et si bien que, le temps de se restaurer un peu, prendre quelques photos et images filmées pour un making-of, nous n’avons pas attaqué le tournage à proprement parler avant 13h00. Grosso modo, bien trop tardivement pour arriver à faire ne serait-ce que la moitié de ce qui était nécessaire, avec comme contrainte supplémentaire de rendre le lieu de tournage aux alentours de 20h/21h.

Pris par le temps et dans le rush d’enchaîner les scènes le plus rapidement possible, Chris et moi avons complètement oublié de configurer nos caméras de façon similaire (d’où les différences d’image et les ralentis involontaires dans le rendu final), nous avons rencontré un très gros problème pendant la prise de son du monologue final, nous n’avons pas eu le temps de peaufiner les postures des acteurs, leur façon de mourir, de bouger, d’être le plus fluide possible pour améliorer la dynamique… Mais que l’on me comprenne bien : je ne jette la pierre à aucun d’entre eux, que ce soit les rôles féminins ou les masculins. ou le staff technique, chacun d’entre eux, au cours de cette journée, a fait montre d’une volonté, d’une détermination et d’un enthousiasme sans faille. Ce sont d’ailleurs ces éléments qui me font un tant soit peu « assumer » le résultat final. Mais je n’assume pas mon échec en tant qu’organisateur et « taulier » de la chose, ni l’absence de commentaires ne serait-ce qu’un tout petit peu positifs à propos de « Fruit de la Passion », en particulier venant de ceux-là même qui ont participé au projet… Ma faute, ma très grande faute, malgré tout mon enthousiasme, je n’ai pas réussi à transformer l’essai d’un scenario dont je suis fier.

J’écris ces quelques lignes pour une seule et unique raison : rassurer les quelques personnes qui nous suivent régulièrement et qui ont sans doute été dérouté par ce « Fruit de la Passion ». Le résultat est mauvais, pas du tout à la hauteur de l’implication dont tous les participants ont fait preuve, ni des attentes légitimes de ceux qui nous suivent, mais en rien représentatif de ce dont GourganGeek est capable. Et ne comptez pas sur moi pour m’épendre des mois sur le sujet et raccrocher les gants. Non. Comptez plutôt sur moi pour vous prouver que ce « Fruit de la Passion » n’a été qu’une façon d’essuyer les plâtres de ma noobitude, et que ce que je vous prépare pour la suite risque de vous scotcher.

Je tenais à ce que tout cela soit dit. C’est fait.

Maintenant, on passe à la suite. Et elle s’annonce épique.

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